vendredi 8 août 2014

L' OCL défend la paix et le droit à l' autodétermination des peuples

Position de l’OCL À propos des massacres de Gaza de la question palestinienne 
Position de l’OCL À propos des massacres de Gaza, de la question palestinienne et de ses répercussions en France
L’offensive contre Gaza est la dernière en date des tentatives de l’État d’Israël de briser l’unité de la lutte de libération palestinienne qui menace sa domination coloniale.
Arrêter les massacres de l’offensive en cours est urgent et impératif mais cela ne suffira pas. Sans résolution du conflit qui mette un terme à ses racines et à ses fondements, une nouvelle agression israélienne suivra celle-ci, l’occupation et le blocus de Gaza se poursuivront indéfiniment.
Se battre pour la paix en Palestine, c’est se battre contre la complicité de l’État français et contre l’état de guerre permanent qu’impose la politique coloniale du projet sioniste.
Le PS, encore et toujours, du côté des exploiteurs et des colonisateurs
Pointons d’abord l’hypocrisie d’un gouvernement qui prétend ne pas vouloir « importer le conflit en France » mais une fois que lui a pris clairement position dès le départ, en soutenant ouvertement et bruyamment l’Etat d’Israël (« le droit d’Israël de se défendre »), en cautionnant les bombardements frappant principalement des maisons, des commerces, des écoles et multipliant par dizaines, puis par centaines, les massacres de civils palestiniens pris au piège dans une enclave minuscule, densément peuplée et totalement bouclée.
Mais le gouvernement français ne s’en est pas tenu là : il a franchi une nouvelle étape dans sa politique infâme : l’interdiction de la manifestation de solidarité avec les Palestiniens des samedis 19 et 26 juillet.
Quand Hollande soutient Netanyahu
On apprend selon un communiqué publié par l’Élysée, qu’Hollande a eu un entretien téléphonique avec Benyamin Netanyahou le 9 juillet, afin de lui exprimer « la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza » en rappelant que « la France condamne fermement ces agressions », tout en « précisant qu’il appartient au gouvernement israélien de prendre toutes les mesures pour protéger sa population face aux menaces et de prévenir l’escalade des violences », ce qui constitue de fait un véritable permis de tuer alors même que le chef de l’État d’Israël faisait, depuis deux jours, bombarder massivement la bande de Gaza en lançant l’opération « Bordure protectrice » : mobilisation de 40 000 réservistes, déploiement de blindés à la frontière de Gaza, ouvrant la voie à une offensive terrestre.
Le 13 juillet, première grande manifestation contre l’attaque israélienne : près de 30 000 personnes en colère déferlent dans les rues de Paris, où aux militant-e-s anticolonialistes de toujours s’est agrégée une composition majoritairement jeune, prolétaire, des quartiers populaires de la périphérie et notablement avec une très importante présence féminine.
A la fin de la manifestation du 13 juillet à Paris, les militants de l’extrême droite sioniste (LDJ) provoquent des incidents dans le quartier de la Bastille, notamment aux alentours de la synagogue de la rue de la Roquette où ils avaient appelé leurs sympathisants à se rassembler. Des manifestants pro-palestiniens se rendent dans cette rue proche de La Bastille pour protester contre la présence de cette bande de fascistes dans le quartier et si possible les virer de là. Ils se font charger par les membres de la LDJ qui leur balancent les tables et les chaises d’une terrasse de bistrot et quelques autres objets. Quelques secondes plus tard, une contre-charge des pro-palestiniens fait courir les sbires sionistes dans l’autre sens et les contraint à se réfugier derrière un cordon de CRS…
Le soir même de la manifestation parisienne de soutien aux Palestiniens du 13 juillet, le CRIF (officine qui s’autoproclame la représentante des Juifs de France et véritable ambassade-bis de l’État d’Israël à Paris) publie un communiqué où il « demande l’interdiction des manifestations en faveur du Hamas (…), l’interdiction des manifestations, de rassemblements ostensiblement violents et radicaux qui représentent un trouble à l’ordre public, dont notamment celui qui doit avoir lieu samedi prochain à Paris » (communiqué publié sur son site). Parallèlement, une ‟information” se répandra comme une traînée de poudre dans tous les médias et au plus haut sommet de l’État : des juifs et une synagogue ont été attaqués par des manifestants antisémites pro-palestiniens.
Le témoignage du responsable de la synagogue de la rue de la Roquette remet, un peu, des choses en place : « Pas un seul projectile lancé sur la synagogue [...] À aucun moment, nous n’avons été physiquement en danger »[1], alors que dans sa communication, le CRIF n’a pas hésité à parler de « pogrom », de synagogue « assiégée », de « Nuit de cristal » et qu’une très grande partie des médias ont abondamment relayé cette manipulation. Cette politique du pire menée depuis des années par les mouvements sionistes consiste non seulement à gonfler et instrumentaliser les actes antisémites avérés, mais à en inventer d’autres purement et simplement, c’est-à-dire à en faire exister là où il n’y en a pas et à participer ainsi à créer volontairement un certain climat – nauséabond, pestilentiel – dans lequel l’antisémitisme peut se banaliser.
Du soutien à l’offensive israélienne à l’interdiction des manifestations
Lors de son allocution du 14 juillet, Hollande répète que « le conflit israélo-palestinien ne peut pas s’importer ». Conflit « israélo-palestinien » comme s’il y avait hier un conflit « franco-algérien »..., manière de nier la nature anticoloniale de cette lutte en plaçant les protagonistes, colonialistes et colonisés, sur le même plan pour mieux renverser l’ordre des responsabilités et mieux présenter ceux qui résistent comme les responsables des troubles et de la violence. Hollande est sans doute un ‟social-libéral” mais il s’inscrit dans la vieille tradition de la gauche politique française et enfourche la même rhétorique que celle de la SFIO de naguère, la social-démocratie historique, celle qui s’est particulièrement illustrée en menant et en soutenant les guerres coloniales que l’État français a livrées jadis dans son empire et qui désignait, déjà, les résistants indochinois ou algériens comme des ‟terroristes”.
Le 15 juillet, le CRIF est reçu à l’Élysée où son président Cukierman, réitère sa demande d’interdiction des manifestations pro-palestiniennes, et notamment celle du 19 juillet à Paris. Il sera parfaitement entendu, puisque ce sera là la ligne du gouvernement (Valls, Cazeneuve, Préfecture de Police de Paris, Préfecture du Val d’Oise, des Alpes Maritimes…), relayée dans cette sale besogne par une institution ‟indépendante” du gouvernement mais pas de l’appareil d’Etat, le Tribunal administratif de Paris qui a validé cette interdiction [2].
Hollande et son gouvernement, comme l’essentiel de la classe politique et des médias, se disent favorables à la « paix » mais la seule paix qu’ils envisagent est celle qui entérine la domination coloniale d’Israël sur la Palestine, une pacification qui poursuit l’annexion de Jérusalem-Est et la colonisation de la Cisjordanie (dont, rappelons-le, 62% est directement administrée par la puissance coloniale), qui interdit le retour des réfugiés, qui contrôle et pille ses ressources naturelles, notamment hydriques, qui enferme les populations palestiniennes dans des prisons à ciel ouvert, derrières des murs, des barbelés et des miradors, qui pratique ouvertement un apartheid ethno-religieux en se définissant comme « État juif » c’est-à-dire « pour les seuls Juifs », avec la complicité des puissances occidentales, des bourgeoisies et féodalités arabes et, de fait, du ‟gouvernement” fantoche de l’Autorité palestinienne.
En interdisant les manifestations de solidarité avec les Palestiniens massacrés par les bombes de l’armée coloniale d’Israël, le gouvernement a non seulement choisi son camp, mais utilise la force de la raison d’État habillée sous le prétexte de l’« ordre public » et défendue par les instruments de répression à son service pour bâillonner la solidarité avec la Palestine et au-delà, pour faire taire la dissidence et les oppositions à sa politique et à ses projets.
De l’usage de l’antisémitisme
Mais ce faisant, il alimente le fol engrenage de la politique du pire qu’impose le rhétorique sioniste qui n’a d’autre ‟argument” que désigner toute opposition à l’État d’Israël, à sa nature coloniale et à sa politique raciste, comme ‟anti-juive” et antisémite.
Un piège mortel et un jeu dangereux avec des allumettes à côté d’un baril de poudre – y compris et en particulier pour les juifs –qui invente et fabrique de l’antisémitisme là où il n’y en a pas. En fait, le sionisme est une théorie de la séparation qui n’a jamais combattu l’antisémitisme mais le suscite et s’en nourrit. C’est un formidable cadeau fait aux vrais antisémites de toutes sortes qui se frottent les mains de tant de publicité, qui peuvent espérer accroitre leur audience dans la confusion sciemment créée et alimentée, qui en tirent déjà profit en faisant croire que leurs idées progressent et peuvent recruter en conséquence.
Soyons clairs. Il y a de l’antisémitisme partout, dans tous les recoins de la société française, les partis, les syndicats, les entreprises, chez les prolos et les bourgeois, chez les cadres supérieurs et les petits fonctionnaires… et il y en a beaucoup trop. Qu’il y ait des infiltrations de quelques antisémites convaincus et militants dans les manifestations pro-palestiniennes et qu’il y ait aussi, depuis des années, des ‟tentations antisémites” diffuses quand la colère se fait aveugle et qui, avec une bonne dose d’ignorance et de bêtise, se transforme en haine des juifs pour ce qu’ils sont ou, plus précisément, pour ce qu’ils sont supposés être, il n’y a aucun doute. Mais la seule manière de combattre efficacement l’antisémitisme, ce n’est pas se contenter de proférer des condamnations et des dénonciations de principes aussi justes et nécessaires soient-elles ; ça consiste à refuser les termes du conflit imposés à la fois par les défenseurs de l’État d’Israël et les antisémites, à montrer leur collusion objective ; ça consiste à proposer une toute autre perspective, un autre horizon, le plus clair possible : la lutte de libération nationale et sociale en Palestine et son indispensable alliance stratégique avec les mouvements d’émancipation populaires de toute la région, en priorité avec ceux qui se situent à l’intérieur de la société israélienne, alliant et rassemblant sans distinction juifs, musulmans, chrétiens, athées, arabes, non-arabes et migrants.
Manifester en solidarité avec les Palestiniens et braver les diktats et les interdictions, c’est devenu aujourd’hui plus que cela.
C’est déjà défendre pied à pied les espaces d’expression et de mobilisation contre la raison d’État qui prétend défendre l’ordre public pour mieux défendre la politique pro-israélienne du gouvernement. C’est aussi refuser et dénoncer en mots et en actes le piège tendu par les sionistes et les antisémites qui, dans une complicité et une complémentarité parfaite, veulent imposer les termes du conflit qui les arrangent, en essentialisant ses protagonistes, en dépolitisant les enjeux, en falsifiant les données historiques et en justifiant par avance et a postériori les logiques d’extermination.
Malgré l’interdiction, la manifestation du 19 juillet a tout de même été maintenue par une grande partie de ses organisateurs initiaux et plusieurs milliers de manifestants ne se sont pas laissés intimider, ont désobéi et ont imposé leur volonté d’occuper la rue quoi qu’il en coûte. La tenue de la manif malgré l’impressionnant dispositif policier a été une claque pour le gouvernement et une première victoire pour le mouvement de solidarité avec les Palestiniens.
Mais la partie adverse ne lâche rien. Dès le lendemain, dimanche 20 juillet, journée la plus sanglante à ce jour de l’offensive israélienne à Gaza (plus de 140 morts palestiniens en moins de 24h), Valls et Hollande s’empressent de réaffirmer où est leur camp. Ils relancent l’offensive en reprenant l’argumentaire pro-israélien accusant les manifestants ‟pro-palestiniens” d’être des fauteurs de troubles et des antisémites, Valls s’offrant même le luxe de designer explicitement les « quartiers populaires » comme les lieux où se cacherait « la ‘haine du juif’ derrière un antisionisme de façade et derrière la haine de l’Etat d’Israël ».
Les quartiers populaires, c’est le prolétariat multinational des périphéries urbaines contemporaines, les ouvriers, les arabes, les pauvres, les bronzés de toutes les latitudes, les classes jugées éternellement dangereuses par et pour les possédants, et aujourd’hui stigmatisées par une diagonale politique qui relie le PS au FN en passant par l’UMP.
Le samedi 26 juillet, nouvelle manifestation interdite, nouvelle insoumission à cette injonction, avec encore plus de monde, près de 10 000 personnes rassemblées place de la République. Le gouvernement, dépité de ne pas être parvenu une seconde fois à imposer le silence malgré les menaces et les déploiements policiers, se venge en poursuivant en justice notre camarade Alain Pojolat pour avoir déposé son nom dans le cadre de l’organisation formellement légale du rassemblement.
La nouvelle attaque d’Israël contre Gaza
L’enlèvement des trois adolescents israéliens le 12 juin à proximité d’une colonie de Cisjordanie a été immédiatement attribué au Hamas par Netanyahu. Les responsables du Hamas en Cisjordanie ont immédiatement démenti. Même si le chef du Hamas en exil au Qatar, Khaled Mechaal, s’est « félicité » de ce rapt, tout en déclarant qu’il ne pouvait ni confirmer ni démentir que le Hamas en soit le responsable, il semble évident la direction du mouvement n’est pas à l’origine de cette action qui serait l’œuvre de membres d’un puissant clan local de la région d’Hébron, le clan Qawasmeh, qui est ou était effectivement lié au Hamas mais en conservant depuis toujours une large autonomie [3].
Pour le Hamas en pleine tentative de recentrage avec sa « réconciliation » avec le Fatah et la création le 23 avril 2014 d’un « gouvernement d’entente », cette action ne pouvait pas tomber plus mal. Qu’importe, pour le gouvernement israélien, le responsable c’est le Hamas et uniquement lui et c’est cette position qui sera réaffirmée dès le départ.
Pendant les trois semaines qui suivent l’enlèvement, l’armée israélienne multiplie les arrestations et les mises en détention administratives en Cisjordanie (une majorité de membres du Hamas dont des députés) et la saisie de matériel (ordinateurs) dans les locaux d’associations, impose un bouclage total d’Hébron, le couvre-feu pour 300 000 Palestiniens et tue 10 Palestiniens sans que la branche militaire du Hamas de Gaza ne lance la moindre roquette sur le territoire israélien, la plupart des tirs étant revendiqués par d’autres mouvements, notamment les Brigades Al-Qods du Jihad islamique et dans une moindre mesure les Brigades Abu Ali Mustafa du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP) .
L’enlèvement et le meurtre du jeune palestinien de Jérusalem-Est, brûlé vif le 2 juillet, va provoquer à la fois un cycle de mobilisation et d’émeutes dans les villes arabes de Galilée et à Jérusalem, des rassemblements en Cisjordanie et le début d’une réplique armée depuis Gaza sous formes de lancers de roquettes. Aux pilonnages de l’armée israélienne répondront une croissante riposte des différents mouvements palestiniens : l’aile militaire du Hamas, mais aussi celles du Jihad islamique, des Comités de la résistance populaire, du FPLP, de groupes de combattants liés au Fatah et peut-être du FDLP. Une donnée à ne pas perdre de vue : autant le Hamas est contesté sur le plan politique dans la bande de Gaza, autant il y a une unanimité sur le fait de résister de manière armée aux attaques israéliennes.
Plus inquiétant encore pour Israël, selon l’analyste et auteur palestinien Ramzy Baroud, « la douleur et la colère provoquée par la mort de Mohammad Abou Khdeir, 17 ans, qui a été brûlé vif par des colons israéliens dans le cadre de ce déchainement, a favorisé ce réveil de l’identité nationale palestinienne depuis longtemps fragmentée ». Et ajoute-t-il, cette identité collective « qui a souffert en raison de murs israéliens, des tactiques militaires et de la propre désunion des Palestiniens, a été recollé dans un processus qui ressemble aux événements qui ont précédé la première et la deuxième Intifada de 1987 et 2000 respectivement »[4].
La vraie menace pour Israël : l’unité palestinienne débouchant sur une nouvelle Intifada
Depuis plusieurs mois, beaucoup a été dit et écrit sur la possibilité ou impossibilité de lancer une troisième Intifada. Bien malin qui peut affirmer la probabilité de l’une ou l’autre thèse avec certitude, mais une chose est sûre, c’est l’unité des Palestiniens qui menace le plus Israël. Pas l’unité – bien problématique au demeurant – des dirigeants et d’une combinaison visant à créer un interlocuteur unique dans le cadre d’une hypothétique reprise des négociations, mais l’unité de sa population dispersée et éclatée dans des statuts et des situations juridico-politiques distinctes, celle vivant dans les 3 zones de Cisjordanie, à Jérusalem-Est, à Gaza, en Israël, en exil, dans et hors les camps de réfugiés…
Car ces derniers mois, Gaza n’était plus au centre du jeu : la question des colonies en Cisjordanie et Jérusalem était revenu au premier plan, ainsi que celles des conditions de vie des arabo-palestiniens d’Israël (et notamment les Bédouins du Néguev), le droit au retour des réfugiés, et bien sûr, la levée du blocus imposé à Gaza par Israël et l’Égypte. Et finalement, c’est l’ensemble de la question palestinienne qui ressurgissait dans un contexte marqué par la crise de leadership de la résistance qui est aussi une crise de la « gouvernance » de la simple survie quotidienne de la société palestinienne, entre une Autorité palestinienne sclérosée et disqualifiée et un Hamas étranglé financièrement et désireux d’en finir au plus vite avec l’impasse de Gaza.
En avril et mai dernier, il y a eu une grève de la faim de plusieurs centaines de palestiniens incarcérés dans les prisons israéliennes contre les détentions administratives. Le 15 mai dernier, deux jeunes Palestiniens, Nadim Abou Siam Nuwara, 17 ans, et Mohammed Mahmoud Odeh Salameh, 16 ans, ont été tués par des soldats israéliens alors qu’ils participaient à une manifestation commémorant l’anniversaire de la Nakba, ou « catastrophe » de 1948. Des images vidéo montrent que Nadim se trouvait innocemment avec un groupe d’amis, avant de s’effondrer au moment où il a été frappé par une balle de l’armée israélienne. Depuis, l’évocation de la Nakba est revenue à l’ordre du jour. Depuis quelques mois, alors que sont annoncés en permanence de nouveaux projet de construction de milliers de logements dans les colonies, de nouvelles générations palestiniennes ont commencé à trouver les voies d’expression d’une colère en mettant des mots dessus, en se politisant, en faisant le lien entre vécu, histoire et contexte, en se mobilisant à de multiples occasions et de manière croissante, et significativement dans les localités peuplées majoritairement d’arabo-palestiniens en Israël.
Cette croissante conflictualité de la mobilisation s’est traduite dans les chiffres : entre le 15 mai et le début de l’attaque sur Gaza le 7 juillet au soir, Israël a tué 27 Palestiniens, dont des enfants.
Les véritables motivations d’Israël dans cette nouvelle attaque est de maintenir un état de guerre permanent et d’empêcher toute possibilité de “négocier” avec la partie palestinienne en séparant Gaza du reste de la Palestine et en brisant tout gouvernement d’union. Pour cela, le Hamas sert de repoussoir et la focalisation sur Gaza permet de maintenir le récit d’un conflit opposant Israël au ‟terrorisme” ou à l’‟islamisme”.
Depuis des mois, la ligne du Hamas s’est singulièrement infléchie et s’est rapproché du Fatah, c’est-à-dire l’Autorité palestinienne qui, rappelons-le, ne gouverne que sur 18% de la Cisjordanie [5]. Pour de nombreuses raisons qui peuvent se résumer à ceci : l’affaiblissement et l’impasse dans laquelle se trouve le mouvement islamiste (comme le Fatah) dans un contexte de chute notable de ses ressources financières et de ses soutiens politiques. Le Hamas, sans doute divisé sur la question, semble en effet avoir décidé d’abandonner à court terme la gestion directe du pouvoir politique au profit d’un retour à ses activités sociales, caritatives, religieuses, « civiles » ; un retour en quelque sorte à ce qu’étaient les Frères musulmans dont il est issu avec le maintien d’un pouvoir sur la société dite civile ne passant pas nécessairement par l’exercice d’un pouvoir politique.
Ces dernières années, le Hamas a en effet progressivement perdu des appuis parmi la population de Gaza où des mouvements de protestation et de désaffection se sont produits et faits entendre, en particulier dans la foulée du « printemps arabe ». Simultanément, le mouvement a aussi pâti de la fin des soutiens traditionnels dont il bénéficiait de la part de régimes comme ceux de Syrie et d’Iran et de mouvements politico-militaires comme le Hezbollah depuis le soulèvement et la guerre en Syrie et le départ d’Ahmadinejad de Téhéran. À cela s’est ajouté plus récemment, depuis le putsch militaire de juillet 2013 au Caire, l’interruption brutale du soutien offert par le régime des Frères musulmans en Égypte, soutien minimal mais vital pour la population et les mouvements de résistance que permettaient l’ouverture du terminal frontalier de Rafah et le laxisme observé sur le transit des marchandises par les dizaines de tunnels creusés sous la barrière frontalière.
Depuis le printemps dernier, le Hamas est littéralement étranglé financièrement, le régime égyptien bloquant les tunnels avec le Sinaï, seule source d’activité économique, à tel point que les fonctionnaires de Gaza ne sont plus payés.
C’est dans ce contexte que le 23 avril dernier, un nouvel accord de « réconciliation » entre le Hamas et le Fatah était signé dans le camp de Chati (nord de la ville de Gaza). Le 2 juin, un cabinet « d’entente » chargé de préparer la tenue d’élections présidentielle et législatives dans les six mois prêtait serment devant le président Mahmoud Abbas.
Cependant, si le Hamas est affaibli politiquement, il s’est renforcé militairement au cours de deux dernières années, en termes d’équipements, de structures défensives, de technique de fabrication d’armes, de logistique et de capacité stratégique. L’offensive d’Israël contre Gaza qui prétend s’attaquer aux capacités militaires du Hamas n’aura en tous cas pas d’autre résultat politique que de faire remonter le prestige de l’organisation islamiste et celle de ses combattants dans une bonne partie de l’opinion palestinienne.
D’un autre côté, le projet du Hamas de former un gouvernement d’entente nationale avec l’AP se heurte à la mauvaise volonté du clan entourant Mahmoud Abbas, dirigeant vieillissant, totalement discrédité et plus occupé à réprimer les manifestations de la rue palestinienne pour satisfaire Israël qu’à envisager de mettre en pratique une nouvelle politique de résistance à la colonisation basée sur cette unité au sommet. Les épisodes du mois de juin, alors que l’armée israélienne multipliait les arrestations et les opérations punitives en Cisjordanie, ont montré à quel point l’Autorité palestinienne ne disposait d’aucune autorité indépendante, sur aucune parcelle des territoires palestiniens, pas même sur les 18% de la Cisjordanie (la zone A) qu’elle est censée administrer exclusivement, sauf en envoyant ses forces de police pour disperser les manifestations anti-israéliennes comme encore récemment à Hébron.
Mauvaise volonté qui s’exprime par la poursuite du non-paiement par l’AP de Ramallah des fonctionnaires de Gaza recrutés depuis 2007, la paralysie des étapes du processus signé récemment, notamment le déploiement de la Garde présidentielle à la frontière de Rafah afin de lever le blocus égyptien sur Gaza ou encore la mise en place de comités paritaires pour la préparation des élections... sans parler du silence assourdissant de l’AP/OLP depuis l’offensive sur Gaza.
La « guerre contre le Hamas » n’est dans ce contexte qu’une tentative du gouvernement israélien de détourner l’attention. Le ciblage du Hamas est une tentative de plus pour bloquer indéfiniment la situation dans un statu quo et d’empêcher l’émergence d’une troisième voie, celle qui prend en compte l’ensemble des parties et facettes de la Palestine, « quel que soit le côté du “mur de séparation” israélien où ils vivent. »[6]
C’est cette unité palestinienne débouchant sur une Intifada populaire de masse qui est lourde de menaces : menaçant directement l’Autorité Palestinienne et aussi indirectement le Hamas, bloquant la création de nouvelles colonies, reprenant l’initiative contre l’annexion et la ‟judéisation” de Jérusalem-Est, ne lâchant rien sur le droit au retour des réfugiés, remobilisant les arabo-palestiniens d’Israël, de la Galilée au Néguev, bref, en replaçant sur la table et à la lumière du jour l’entièreté de la dimension coloniale du conflit et de la lutte de libération palestinienne.
C’est cette unité dans la lutte que les dirigeants israéliens veulent à tout prix éviter en commettant une fois de plus un bain de sang et des crimes de guerre, comme précédemment à Gaza (2008-2009, 2012), à Jénine (2002), au Liban (1982)… certains de l’impunité dont ils peuvent jouir grâce au soutien de l’ensemble des gouvernement de la « communauté internationale » et au terrible isolement dans lequel se trouve le peuple palestinien.
C’est cet isolement qu’il faut rompre. C’est l’État d’Israël qu’il faut isoler.
Arrêter les massacres, mettre un terme au projet sioniste
Arrêter les massacres de l’offensive en cours est urgent et impératif mais cela ne suffira pas. Sans résolution du conflit qui mette un terme à ses racines et à ses fondements, une nouvelle agression israélienne suivra celle-ci, l’occupation et le blocus de Gaza se poursuivront indéfiniment.
Se battre pour la paix en Palestine, c’est se battre contre la complicité de l’État français et contre l’état de guerre permanent qu’impose la politique coloniale du projet sioniste.
C’est affirmer haut et fort la solidarité avec le peuple palestinien dans ce moment crucial et la légitimité de sa résistance par tous les moyens qu’il juge nécessaire (non violents et armés) et cela passe aujourd’hui par les revendications démocratiques minimales exigées par l’appel palestinien du 9 juillet 2005 pour la campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) : 1. Mettre fin à l’occupation et à la colonisation de toutes les terres arabes et démanteler le Mur ; 2. Reconnaître les droits fondamentaux des citoyens arabo-palestiniens d’Israël à une égalité absolue ; 3. Respecter, protéger et favoriser les droits des réfugiés palestiniens à revenir dans leurs maisons et propriétés comme stipulé dans la résolution 194 de l’ONU. 4. Mettre fin au blocus de Gaza.[7]
Cette résolution n’est pas une panacée et n’est pas exclusive d’autres actions mais elle vise ni plus ni moins qu’à porter, enfin, un coup d’arrêt définitif au projet sioniste. Ce faisant, elle peut contribuer de manière décisive à le mettre en crise, à démanteler les bases colonialistes et ethno-religieuses de l’État d’Israël, à faire voler en éclat le consensus social/national qui caractérise ce dernier et qu’il impose à l’intérieur de la société israélienne et en dehors, et à ouvrir une nouvelle situation de coexistence et de solidarité entre les peuples et de lutte communes contre leurs oppresseurs locaux et globaux, de quelque religion et/ou appartenance nationale, ethnique ou culturelle historique auxquelles ils se réfèrent.
Organisation communiste libertaire, 31 juillet 2014
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Notes :
[1] Le témoignage peut être consulté ici :http://www.itele.fr/france/video/in.... Ce témoignage et d’autres sources n’ont pas eu le droit d’être cités dans les médias. Autre manipulation médiatique où les sous-titrages des slogans scandés par les manifestants sont grossièrement bidonnés et falsifiés :https://www.youtube.com/watch?featu... Sur la fabrication d’une certaine ambiance médiatique pro-israélienne, on se reportera utilement à l’article « Offensive israélienne contre Gaza : les partis pris du traitement médiatique », Julien Salingue, Acrimed, le 18 juillet 2014 (http://www.acrimed.org/article4407.html )
[2] Une « justice » qui n’est pas non plus en reste sur un autre plan : 4 mois de prison ferme avec mandat de dépôt (incarcération immédiate) pour « rébellion » d’un manifestant « propalestinien » à Paris après un contrôle d’identité au faciès le 13 juillet : voir ici
[3] Clan connu pour, entre autre, avoir fourni au Hamas de nombreux candidats au martyr pour des attentats-suicide, notamment dans les années 1990.
[4] Ramzy Baroud, « Ravaging Gaza : The war Netanyahu cannot possibly win », le 16 juillet, World News Trust.
[5] La Cisjordanie est divisée administrativement en 3 zones. La zone A dans laquelle l’Autorité palestinienne exerce une autorité politique (administrative) incluant des pouvoirs de police, représente 18% du territoire. La zone B qui est co-administrée par l’AP (pouvoir civil) et la force occupante (police, armée) s’étend sur environ 20% de la Cisjordanie. La zone C, le plus grande (62% de la superficie), qui inclut les colonies et toute la vallée de Jourdain, est entièrement gouvernée et occupée par Israël qui contrôle la frontière avec la Jordanie et encercle les poches palestiniennes « auto-administrées » des zones A et B.
[6] Ramzy Baroud, idem.
[7] Site Internet de la campagne BDS France : http://www.bdsfrance.org/

mardi 29 juillet 2014

Lafarge...une firme aiu dessous de tous soupçons...

Lafarge, mur de l’atlantique et sequestre


Dans le supplément « éco & entreprise » du Monde le 25 février 2013, les journalistes du « quotidien de référence » présentèrent un jour l’entreprise ainsi : « Lafarge est une maison de chrétiens et d’ingénieurs. L’homme et le progrès sont deux valeurs revendiquées depuis des décennies par ses dirigeants. »
Comme le prétend le service de communication du groupe, Lafarge serait très attachés à défendre le devoir de mémoire. La réhabilitation « des Milles », camp Vichyssois de transit avant déportation pour plus de 10 000 personnes, réalisée dans le cadre d’un mécénat d’entreprise, en serait une preuve.
ET POURTANT …DE 1944 A 1947,
L’ENTREPRISE FUT BIEN MISE SOUS SEQUESTRE

Alors que le département de l’Ardèche se libère, les salariés de la Société des chaux et ciments Lafarge, réunis le 19 septembre 1944 en assemblée générale à l’initiative de l’UL CGT jusqu’alors clandestine, adoptent une résolution dans laquelle ils “approuvent à l’unanimité les propositions faites concernant la mise sous séquestre des usines Lafarge dont l’activité antipatriotique des administrateurs s’est pleinement manifestée au cours des 4 années d’occupation” et “réclament l’épuration du personnel des traîtres collaborateurs qui se sont mis au service de l’ennemi ; S’engagent à travailler avec une ardeur accrue à la reconstruction de la France et à fournir au maximum des possibilités le ciment et la chaux nécessaires pour que soient rétablies les maisons, réparés les ponts, les voies et toutes constructions indispensables à la reprise économique. […].”  et c’est sur : « Vive la gestion ouvrière, Vive le travail libéré, Vive la CGT. », que se conclue cette noble assemblée.
Dans ce qu’ils pensent être l’application du programme du CNR, adopté le 15 avril 1944, et préconisant une “véritable démocratie économique et sociale” par l’éviction des “grandes féodalités” de l’argent et le “retour à la nation des grands moyens de production”, les forces ouvrières issues de la Résistance veulent ici et maintenant renverser le mode de production. A ce moment et en région Rhône-Alpes, le séquestre Lafarge ne sera pas isolé. Celui de l’entreprise Berliet à Vénissieux sera le plus connu, si ce n’est le plus emblématique.
LAFARGE, UNE DEJA VIEILLE HISTOIRE
En effet les Pavin de Lafarge, sont propriétaires de fours à chaux en Vivarais depuis 1749. A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, leur société, qui s’est hissée au premier rang des cimentiers français, est encore une “affaire de famille”. Son président, Jean de Waubert, surnommé le “roi soleil”, est le gendre de Joseph Pavin de Lafarge, le plus gros portefeuille en actions du groupe.
Société anonyme depuis 1919, elle dispose de plusieurs usines, dont certaines en Algérie et au Maroc. En Angleterre, une filiale étend ses affaires dans l’empire britannique.
L’usine-mère, située entre Le Teil et Viviers, au lieu-dit La Farge, fait travailler, en 1939, 433 ouvriers. L’employeur loge sur place ses ouvriers, au pied des carrières. Le lieu sera nommé la cité blanche. L’église, la boucherie, le coiffeur, la boulangerie, le bistrot, tout est Lafarge. L’électricité, l’eau, les jardins ouvriers, les écoles le sont aussi. La discipline est aussi Lafarge, gare à l’ouvrier qui travaillait au jardin à l’heure de la messe. Amendes ou mises à pieds aux ouvriers qui se feraient prendre. Un ouvrier raconte : « En ce temps-là, il était interdit de travailler son jardin le dimanche aux heures des offices et il était très mal vu de ne pas assister à la messe dominicale.
Aussi quelquefois des gardes passaient dans l’île et rappelaient que
l’heure de l’office approchait et qu’il fallait cesser toute occupation. Le père de ce “Lafargeois”, casseur de pierres, quoique italien catholique, tenait à travailler afin d’obtenir une belle récolte. Aussi, lorsqu’il voyait le garde venir faire sa tournée, il allait vite se cacher dans la cabane de jardin et attendait qu’il ait tourné le dos pour reprendre
tranquillement son jardinage »
. Jusque dans les années 50, un divorce signifiait l’exclusion de la société Lafarge.
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Camille Etorre, en est le directeur de combat, mais les grèves de 1936 lui font concéder des augmentations de salaires et accepter l’implantation d’un puissant syndicat CGT. En 1937, Henry de Lafarge est quant-à-lui battu à l’élection du Conseil Général par un député socialiste.
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Grèvistes Lafarge 1936 (Source : mémoires d’Ardèche)
Mais en 1938, Lafarge brise une nouvelle grève. Les délégués syndicaux et douze “meneurs” sont licenciés sur le champ, suivis bientôt de deux cents salariés. Les quelques réembauchés seront mutés d’office dans les carrières à casser des pierres, et l’arbre de Noël supprimé pour les enfants d’ouvriers.
Seule la CFTC, fortement inféodée subsiste, et le PPF de Doriot prend pied dans l’usine. Le « Grand Jacques » lui-même est invité au Teil.
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PPF de Doriot à Paris (Source : Paris en Images)
Après la défaite de juin 1940, les patrons de Lafarge y replient le siège social, et acquis au pétainisme, entrent dans la voie de la collaboration économique.
En juin 1941, le conseil d’administration déclare : “Après les jours tragiques de 1940 qui virent la France terrassée et vaincue (...), la vie continue et notre devoir à tous est de travailler (...). Si nous savons nous grouper autour de notre chef (le maréchal Pétain) et nous consacrer à notre tâche, l’avenir nous appartient” .
Le ciment, produit stratégique pour la construction du mur de l’Atlantique, représente de très grosses commandes, mais l’évolution de la situation après le débarquement allié en Afrique du Nord (nov. 42), et surtout après Stalingrad (fév. 43), commande la prudence à la direction générale. L’intérêt du groupe invite à se ménager des relations dans les différents camps. Alors que les usines de la filiale anglaise sont placées sous séquestre par les autorités britanniques, et que celles situées en Afrique du Nord tombent sous la tutelle alliée, les usines françaises sont confiées à leurs directions locales. Il s’agit de continuer à faire des affaires en adoptant des stratégies diversifiées.
Tandis que la direction de l’unité de Couronne, près d’Angoulême, généralise la fraude sur la production destinée aux Allemands en complicité avec le syndicat CGT clandestin, au Teil, la direction locale souscrit aux Comités sociaux de Vichy, et encourage la propagande pro-allemande du PPF. Le commissaire de police du Teil signalera, en mai 1943, une réunion de recrutement de la LVF où “une dizaine de travailleurs nord-africains” de Lafarge, viennent de s’engager pour partir sur le front de l’Est.
LE SEQUESTRE ET LA “GESTION PATRIOTIQUE” DE LAFARGE
septembre 1944 - avril 1947

Le mot "sequestre" désigne à la fois une personne et une institution juridique. Le "sequestre" est la personne auquel un Tribunal confie le soin d’assurer la garde et l’administration d’un bien.
Au début du mois de septembre 1944, une enquête, soutenue par l’inspection du Travail et les autres courants de la Résistance ardéchois, est diligentée par la commission économique du Front National de Libération (proche du PCF). L’affaire est menée par Raphaël Evaldre, ingénieur des mines, ancien administrateur d’une société belge ayant refusé la collaboration, réfugié en Ardèche, résistant, membre du comité directeur du FN, de la direction fédérale du PCF. Accompagné de l’inspecteur du Travail, il se rend auprès de la direction de l’usine du Teil, qui l’éconduit. Mais, le 19 septembre, accompagné de Gaston Chizat représentant la CGT Drôme-Ardèche, il propose à l’assemblée des travailleurs présents la mise sous séquestre de l’usine. Dans la résolution adoptée à l’unanimité, les personnels font “le serment solennel de rester unis pour faire de l’usine une entreprise modèle où le travail sera à l’honneur, où chacun étant payé selon ses mérites, travaillera au maximum de ses moyens” . La direction de l’usine est alors chassée de l’entreprise.
Le 27 septembre, le préfet suspend par arrêté les onze principaux actionnaires de la société Lafarge et place sous séquestre leurs entreprises. Raphaël Evaldre, sur proposition de la CGT, est officiellement désigné comme administrateur-séquestre. Pendant trente mois, il en assumera la direction, s’appuyant sur plusieurs commissions élues par les salariés. L’école confessionnelle est remplacée par une école publique. Une colonie de vacances, une maison de jeunes sont créées. La cantine, le groupement d’achat, ainsi que celle de l’ensemble des œuvres sociales, échappant à la direction sont confiée aux commissions de salariés. Une convention collective, revalorisant de 20% les salaires, est signée.
La bataille pour la production est impulsée dès octobre 1944. 5 à 6 000 tonnes par mois sortent du site. En 1945, la production annuelle double et dépasse celle de 1938. Pour cela les effectifs de l’usine passeront de 453 ouvriers en 1944 à 680 en 1947. Le 15 septembre 1945, pour le premier anniversaire de la “gestion patriotique” de l’usine, une manifestation marquante et symbolique est organisée sur place. 84 000 tonnes de roches sont abattues par une mise à feu spectaculaire dans la carrière. Louis Saillant, président du CNR, Julien Racamond, secrétaire confédéral de la CGT, Lucien Labrousse, secrétaire de la fédération du bâtiment, Yves Farge, commissaire de la République, et le préfet Robert Pissère sont présents parmi les salariés.
QUAND L’AVENIR S’ESTOMPE
Des dix usines de la société Lafarge, l’usine du Teil est, à l’automne 1944, parmi les trois sites en état de fonctionner, l’une des plus productives. Cependant, elle est la seule à se retrouver sous séquestre, quand la direction générale, depuis Paris, tente de rassembler son patrimoine.
En effet, La "mise sous séquestre" n’est qu’une mesure conservatoire à caractère provisoire jusqu’à ce que soit rendue une décision de justice, jugeant (ou non) les faits de collaboration de la direction de l’entreprise. Arguant de ses usines en Afrique du Nord, placées dans le camp allié, et des conditions de la France occupée durant 4 ans, l’ancien directeur de l’usine du Teil, Camille Etorre, écrit au général De Gaulle : “... Faites, mon Général, lever ces séquestres iniques et paralysants” .
Pour Raphaël Evaldre, cette usine, pièce à charge dans le dossier de la nationalisation selon les critères du programme du CNR, est la plus symbolique du groupe. Dans ce but, il multiplie les démarches, mais sa rencontre, au ministère de la Production industrielle, avec le socialiste Robert Lacoste demeure sans effet. Si ce n’est d’inquiéter le ministre des remous sociaux susceptibles d’éclater dans l’entreprise. Il interrogera le préfet de l’Ardèche qui lui répond : “... Il est très probable que les 680 ouvriers travaillant pour cette firme se mettront en grève (...). Il faut donc s’attendre à des incidents certains si la levée du séquestre a lieu ; et les difficultés qui en résulteront seront d’autant plus difficiles à régler que la levée du séquestre ramènera à la tête des usines, et l’ancien personnel de direction (...)et les anciens membres du conseil d’administration qui représentent, aux yeux des ouvriers, une époque qu’ils estiment révolue” .
En novembre 1945, Raphaël Evaldre obtient un ordre de mission de Raymond Aubrac, commissaire de la République à Marseille, lui permettant d’effectuer une tournée auprès des trois usines Lafarge du sud de la France (Fos, Valdonne, Contes). Il rencontre les directions locales, les responsables syndicaux, les salariés, sans réussir à faire évoluer la situation.
Le 28 mars 1947, l’arrêt du Conseil d’Etat est rendu : les mesures administratives prises en 1944 sont annulées, le séquestre levé. Les dissensions qui éclatent alors parmi les salariés de Lafarge rendent difficile la mobilisation syndicale. Si lors de sa première visite à l’entreprise, le 4 avril, le représentant de la direction centrale est accueilli au son de la corne et par un débrayage de trois quarts d’heure, l’usine ne retourne pas moins dans le giron des actionnaires.
EN GUISE DE CONCLUSION
Dans les mines, la métallurgie ou le bâtiment, plusieurs dizaines de milliers de salariés, au moment de la Libération furent tentées par l’expérience révolutionnaire et quelques formes de gestion ouvrière. Ces expériences se déroulèrent principalement dans les centres industriels de l’ex-zone sud, et, au travers l’espoir qu’ils faisaient naître, participèrent beaucoup à la reprise industrielle du pays.
Si ces comités de gestion spontanément créées étaient le plus fréquemment impulsés par des syndicalistes de la CGT, le Bureau Confédéral et les fédérations d’industries ne firent rien pour étendre et généraliser le mouvement. Certes, on accompagna dans les ministères les délégations de comités en difficulté, mais on s’intéressa de manière très secondaire à leur sort, et aucun effort central ne fut tenté pour créer des liaisons entre les comités existants, aucune enquête confédérale n’eut lieu à leur propos. L’attitude pour le moins prudente de la CGT à leur égard se retrouve chez les dirigeants communistes. Plutôt qu’une conquête sociale qui résulterait de l’action directe, ces organisations cherchent à obtenir, en contrepartie de « la bataille de la production » un « droit de regard sur la gestion ». D’ailleurs dès novembre 1944, les ministres du travail et de la production industrielle présentaient un avant-projet d’ordonnance instituant des « comités d’entreprises » dans toutes celles de plus de 100 salariés. Si ce projet faisait partie d’un plan élaboré dès 1943 à Alger, il s’agissait pour le gouvernement provisoire de canaliser l’inévitable mouvement de formation spontanée de comités de gestion, en imposant à ceux-ci un cadre uniforme et légal pour leur ôter toute possibilité de généralisation.
En janvier 1945, il ne restait plus qu’une centaine de Comités de gestion. Encore trop, semble-t-il, et que certains mènent contre eux d’ultimes combats. En effet, la nationalisation, contenu dans le programme du CNR, mobilise encore quelques espoirs chez ceux qui perdurent. Jean Chaintron, tout à la fois préfet de limoge et membre du comité central déclare alors : « il ne s’agit nullement de généraliser et de se laisser aller, comme certains irresponsables le désireraient, vers des nationalisations inconsidérées qui aboutiraient souvent à la socialisation des déficits et aux désordres » .
L’organe patronal « les Echos » s’en réjouit et imprime alors : « remettre à plus tard l’application du socialisme, développer le secteur libre dans la liberté des prix, travailler dans l’union à outrance pour la guerre … nous n’avons jamais demandé autre chose, ni davantage … voici les communistes avec nous pour un plan unique de reconstruction que résument les 2 mots d’ordre : travailler et produire » .
Cette position du PCF déstabilisa une partie de sa base. Les divergences furent telles que le commissaire de la République à Rouen parla des « anarchistes du PC » et que celui de Rennes cru pouvoir annoncer un « mouvement de scission ». Ces clivages débutèrent le mouvement retrait de nombreux résistants qui prirent alors leurs distances.
Pour ce qui concerne la portée « autogestionnaire » de l’expérience menée à cette époque chez Lafarge, et sans réduire ou dénigrer les hommes qui y crurent et la portèrent, il s’agit toutefois de rester prudent. Le séquestre, conformément à la législation traditionnelle, définie par le code civil, n’avait dans le principe que peu de chose à voir avec l’autogestion. L’administrateur-séquestre, en effet, conservait tous les pouvoirs attachés à la personne du propriétaire, le Comité de Gestion n’ayant qu’un rôle consultatif.
L’expérience Berliet de Venissieux, dont il reste de nombreux documents, en a relaté toutes les limites. C’est aussi sans doute ce qui peut expliquer l’attitude contradictoire de nombreux ouvriers de Lafarge quand l’expérience pris fin.
Redécouvrir notre histoire sociale et syndicale, ne doit pas nous éviter d’analyser les conditions de ses réussites et les conséquences de ses échecs.
Ce texte est une lecture et une compilation commentée et critique de différentes sources listées ci-dessous. lundi 19 mai 2014

Références
  • Lacroix-Riz, Industriels et banquiers sous l’occupation, Ed. Armand Colin, 1999.
  • La Résistance en Ardèche, CD-rom AERI, 2004 (coord. R. Galataud)
  • P. Bonnaud,“Collaboration économique, Résistance, programme du CNR, le cas Lafarge en Ardèche”, Cahier d’Histoire sociale69 (IHS CGT Rhône-Alpes) septembre 2004.
  • Gilbert Serret, Chaux et ciments de Lafarge, monographie sociale”, L’Emancipation, février 1938
  • Les grèves de 1936 et 1938 chez Pavin de Lafarge, monographie de Gilbert Serret présentée par Michel Appourchaux, Cahier de Mémoire d’Ardèche et Temps Présentn ̊63, août 1999
  • R. Pierre, La Drôme et l’Ardèche entre deux guerres 1920-1939, Valence, Ed. Notre Temps, 1973 –
  • Roger Pierre, René Montérémal, Alain Hullot, Autour de 36, Cruas, Le Teil dans les luttes, Ed. CAC Cruas, 1986
  • Front populaire et grèves de 1936, Actes du colloque de Cruas, Institut d’Histoire CGT de l’Ardèche, Privas, 2007
  • L. Dubois, Lafarge Coppée, 150 ans d’industrie, Ed. Belfond, 1988
  • L. Dubois, “Les Lafarge” inJ.-D. Durand (dir.), Cent ans de catholicisme social à Lyon et en Rhône-Alpes, Actes du colloque de Lyon des 18-19 janvier 1991, Ed. Ouvrières
  • Les Enfants de la cité Blanche, France Bonnet et Kamel Chérif, France, 2009, Métis Productions.
  • Crédits photographiques : Le Teil en images
Pierre Bonnaud a monté une exposition au Musée de la Résistance et de la déportation du Teil :« Lafarge, une histoire ouvrière. 1830-1947 ».

lundi 7 juillet 2014

Revenue de l'Enfer communiste...



Le Chapiteau Vert de Ludmila Oulitskaïa
Le dernier roman de Ludmila Oulitskaïa revient sur l’histoire des dissidents en URSS.  L’histoire commence dans les années 50 et suit la vie de 3 garçons qui deviennent dissidents chacun pour ses propres raisons.
Comment devient-on dissident en Union Soviétique? Qu’est-ce qui distingue le héros du traître? Ce livre très dense, issu de longues réflexions de l’auteur, retrace la vie des gens dans l’Union soviétique à partir des années 50 et raconte aussi les relations complexes, parfois ambigües, des gens ordinaires avec les représentants du KGB, incarnant le mal mais parfois séducteurs et talentueux. Une condamnation sans appel du totalitarisme.
L’intrigue est captivante, la langue fascinante (en russe du moins, nous n’avons pas lu la traduction française que nous espérons à la hauteur). Olga vous recommande vivement cet ouvrage à la fois historique et psychologique.
Le Chapiteau Vert
Ludmila Oulitskaïa
Gallimard
512 pages, 24,90€
Retour à la case enfer pour la littérature russe
Tiraillée entre une tradition légendaire et un présent sans perspectives, la littérature russe implose. Pour mieux renaître ?
La littérature russe est en pleine crise. Hier, elle chatoyait comme un gigantesque samovar où des géants attisaient les charbons ardents d'une prose chevillée à l'absolu. Aujourd'hui, elle doit affronter les démons d'une société phagocytée par un pouvoir cynique, et le désarroi est tout simplement vertigineux car les écrivains ont le sentiment d'être les otages du pathétique sabordage spirituel dont leur patrie est le théâtre. 
Pour eux, tout a changé depuis que le golem soviétique s'est effondré. Les institutions culturelles du passé ont disparu. La littérature n'a plus de comptes à rendre à l'Histoire. L'époque de la clandestinité et de la dissidence - qui stimula tant de voix magistrales - est révolue. Les figures radieuses qui servaient de sémaphores dans la tempête - celles d'Axionov, de Zinoviev ou de Soljenitsyne - ont tiré leur révérence. La Toile a remplacé le samizdat. Les éditeurs privés essaiment de toutes parts, dans une pagaille incroyable. Les grandes revues qui fédéraient les énergies créatrices - la prestigieuse Novy Mir, par exemple - ont perdu leur aura. Les vents de l'occident ont balayé les vieilles habitudes, en déposant sur la terre russe les germes d'inspirations nouvelles. Face à tous ces chamboulements, les écrivains sont désormais obligés d'improviser, de louvoyer à l'aveuglette et de réinventer les règles du jeu littéraire. Si leur liberté est maintenant totale, ils ne peuvent pas vivre de leur plume, pour la plupart : chez eux, l'aide à la création n'existe pas et les livres, trop chers, se vendent mal - les plus gros tirages atteignent péniblement les 50 000 exemplaires dans un pays qui compte 140 millions d'habitants. 
Les écrivains cherchent l'inspiration dans les rebuts de la société
Résultat, la littérature russe est la proie d'une réalité économique chaotique et, en même temps, elle semble condamnée à régresser vers une sorte de degré zéro, afin de se reconstruire. Une reconstruction d'autant plus douloureuse qu'elle se fait sur les ruines d'une nation tour à tour vampirisée par l'hydre bolchevique et par les nouveaux satrapes du Kremlin. Tous les écrivains contemporains, en un choeur tragique, témoignent de ce malaise en stigmatisant "une Russie dégringolée dans la misère et le brigandage", comme disait Soljenitsyne dans ses Esquisses d'exil. Oui, un choeur tragique : longtemps contrainte à voir rouge, la littérature doit maintenant broyer du noir. Sinistrose à tous les étages, comme l'annonce un jeune auteur à la plume incendiaire - Alexandre Ikonnikov - dans un recueil au titre emblématique, Dernières nouvelles du bourbier, où il dissèque les maux d'un pays sans projets, sans lendemains, qui fut le dépotoir de la terreur avant de devenir une nécropole remplie d'âmes mortes. 

Telle est la nouvelle donne : un retour à la case enfer... Jadis jetés dans les poubelles de l'Histoire s'ils n'obtempéraient pas, les écrivains cherchent aujourd'hui leur inspiration dans les rebuts de la société. Vladimir Makanine recrute ses gueules cassées et ses coeurs fêlés dans les asiles psychiatriques - "nous avons des neuroleptiques mais plus de prophètes", ironise-t-il. Arkadi Babtchenko et Andreï Guelassimov donnent la parole aux éclopés céliniens qui furent sacrifiés dans la boucherie tchétchène. Iouri Bouïda met en scène la pègre des bas-fonds. Natalia Klioutchareva rameute la foule des marginaux errant entre Saint-Pétersbourg et Moscou. Anatoli Koroliov se glisse dans les toiles de Jérôme Bosch pour dresser "un panorama du malheur humain". Zakhar Prilepine se tourne vers les gamins déshérités des banlieues. Irina Denejkina peint une jeunesse défoncée à la drogue et à la pornographie la plus trash. Leur point commun ? Entonner le requiem d'une génération perdue en s'agrippant rageusement à la même écriture hyperréaliste, froide et crue, sans trouver le moindre fétu d'utopie dans la débâcle. 
Mafieux et dealers, soudards et soûlards, enfants du chaos, tels sont les personnages favoris de la littérature russe, sorte de bateau ivre dérivant sur un océan de vodka frelatée. Elle coule à flots - de La Soif, d'Andreï Guelassimov au Troisième souffle de Valéri Popov - en emportant dans son déluge les idéaux d'une humanité humiliée qui sera brutalement passée de "l'archipel du goulag" à "l'archipel du goulot", avant de se réveiller avec une terrible gueule de bois. 
Face à ce fiasco, certains se réfugient douillettement dans la nostalgie tsariste - c'est le cas de Boris Akounine, grand maître du polar - et d'autres choisissent le camp du sarcasme, de la dérision, du grotesque à la Gogol. Parmi eux, les deux auteurs les plus sulfureux et les plus commentés de la scène littéraire, Vladimir Sorokine et Viktor Pelevine. Le premier a déchaîné les milices poutiniennes, en 2002, après avoir publié Le Lard bleu, un roman-dynamite où l'on voit Staline forniquer avec Khrouchtchev et où l'obscénité la plus déjantée sert de miroir à l'anarchie ambiante. "L'ours russe se prépare à un hiver métaphysique", prophétise Sorokine. Et il ajoute : "Si la Russie était coupée du monde, ce dont on rêve au Kremlin, elle plongerait immédiatement dans le XVIe siècle d'Ivan le Terrible." 
Une odyssée collective vers les ténèbres
Son complice Pelevine navigue sur les mêmes eaux boueuses depuis qu'il a dégainé, il y a une dizaine d'années, sa Mitrailleuse d'argile, une fable ubuesque qui mêle surréalisme et parodie, satire politique et delirium psychédélique. Il a signé avec ce roman culte un magistral éloge de la folie, seule chance de survie dans une nation qui a troqué la barbarie stalinienne contre le capitalisme le plus sauvagement immoral. Un monde que le trublion des lettres russes définit avec un mot-valise : "bandier", contraction de "bandit" et de "banquier". 
Honnis par le pouvoir, Sorokine et Pelevine reprennent donc les chemins de la dissidence dans une jungle où on les accueille à coups d'autodafés. Leurs pairs livrent le même combat - perdu d'avance ? - en souscrivant à ces mots d'Edouard Limonov, l'enfant terrible de l'ère Eltsine : "Notre société ne peut rien proposer à notre jeunesse, excepté les sinistres professions de flic et de soldat, l'ivrognerie débridée ou la vie lugubre des prisons." Et Zakhar Prilepine lui répond : "En Russie, il reste peu de choses en lesquelles nous pouvons croire. Ce pays se nourrit des âmes de ses fils, et c'est cela qui le fait vivre. Ce ne sont pas les saints, ce sont les maudits qui le font vivre." 
Triste bilan. Sombre perspective. Dans cette odyssée collective vers les ténèbres, on aurait bien de la peine à trouver des plumes qui s'aventurent encore sur la voie du rêve et du merveilleux - à part celle de la lumineuse Ludmila Oulitskaïa - afin d'aller réchauffer la vieille âme russe dans la datcha où elle s'est exilée, oubliée de tous. Cette âme-là, depuis Dostoïevski, a toujours aimé la souffrance et c'est pour cela qu'elle est attachante : mais le froid, aujourd'hui, est si glacial, si redoutable qu'il risque bien de la fendre à tout jamais. 
André Clavel
Le Prix Simone de Beauvoir pour la liberté des femmes 2011 a été décerné à la grande romancière russe Ludmila Oulitskaïa, dont l'oeuvre témoigne "d'un sens aigu de la justice et de la démocratie", ont annoncé jeudi les organisateurs. Prix Médicis étranger en 1996 pour Sonietchka, elle est notamment l'auteur de Sincèrement vôtre et de Joyeuses funérailles.  
Née en 1943 en Azerbaïdjan où ses parents avaient été évacués pendant la guerre, Ludmila Oulitskaïa a grandi à Moscou et fait des études de biologie et de génétique à l'université. Elle perdra sa chaire de génétique en raison de sa proximité avec les dissidents.  
En récompensant cette année une femme de lettres, après avoir couronné des militantes, par exemple chinoises, le jury, composé de personnalités comme Elisabeth Badinter, Chahla Chafiq, Annie Ernaux ou Sihem Habchi, a voulu "mettre l'accent sur la créativité des femmes, dans laquelle se manifeste et s'affirme leur émancipation", a souligné la présidente du jury, Julia Kristeva, lors d'un point presse.  
Doté de 30.000 euros, le prix, créé en 2008 à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir, sera remis le 10 janvier au Café Les Deux-Magots à Paris, en présence de la lauréate de 67 ans.
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mardi 1 juillet 2014

Seule la lutte...

France - La lutte des intermittents est une lutte d’intérêt général


Pour Sandro Poli, Hadrien Toucel et Michel Lamboley, membres de la commission économie du Parti de Gauche, la question financière qui justifierait une réforme du statut des intermittents est « inventée de toute pièce ». « Cette lutte devrait plutôt nous inciter à innover » pour « dessiner un avenir collectif » et mieux accompagner l’irrégularité du travail, si elle est choisie dans le cadre de certaines professions. En 2006, déjà, un homme avait très bien compris l’esprit des récentes réformes successives du statut des intermittents. Denis Gautier-Sauvagnac, alors négociateur du Medef, avait doctement expliqué que « la question n’est pas le déficit, mais le nombre d’intermittents ». Ce qui est en jeu, effectivement, n’est pas une question financière inventée de toute pièce, mais l’idée d’une culture libre et d’un statut émancipateur, protégés tant bien que mal depuis 1936 et l’extension successive de ce statut.
Démontons pour commencer quelques mensonges récurrents. Les intermittents ne « coûtent » pas cher à la Sécurité sociale : ils représentent 3,5% des allocataires, mais 3,4% des bénéficiaires de prestation ! Le reste n’est que tambouille comptable. Le rapport d’information des députés Jean-Patrick Gille (PS) et Christian Kert (UMP) établit à 320 millions d’euros les dépenses annuelles (contre 800 millions d’euros en cas de basculement dans le régime général…) du régime des intermittents.
Or l’argument du coût n’a de sens que comparé aux bénéfices. D’une part, la culture génère en France plus de 58 milliards d’euros directs de valeur ajoutée chaque année : 180 fois le « coût » présumé du régime. D’autre part, ce régime sécurise le travail de 100 000 personnes, pour 3 200 euros par salarié en moyenne. Comparé au CICE (crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) qui subventionnera les grandes entreprises pour un coût estimé entre 65 000 et 133 000 euros par emploi créé, le régime d’intermittence est davantage créateur d’emploi. Le principal syndicat patronal du secteur, le Syndeac, ne soutient d’ailleurs pas la réforme. Il s’agit bien d’une absurdité pilotée par des grands employeurs ignorants des réalités du secteur, lesquels se désintéressent de l’avenir économique du pays.
Les intermittents du spectacle font pourtant face à de réels problèmes. Ainsi, l’absence quasi systématique de paiements facturés lors des répétitions ou des préparations des spectacles implique l’absence de cotisations sociales salariale et patronale. Or la transformation d’un régime encore basé sur les fonctions vers un régime de plus en plus basé sur les salaires implique un accroissement de la pression exercée sur leur revenu, sans forcément permettre une prise en compte du temps non payé par les employeurs. Comment faire un spectacle sans répétition ? C’est cette question essentielle qui n’est pas abordée par ce projet régressif socialement. Cet aspect du problème explique en grande partie les déficits structurels du régime des intermittents puisque les employeurs, qui gèrent le système rappelons le, utilisent l’indemnisation comme un mode permanent de rémunération au travers des « permittents », ce qui explique les 15% de fraude évoqués par la cour des comptes. Ce ne sont donc pas les indemnités des intermittents qui expliquent le déficit mais son utilisation par les employeurs qui baissent les salaires en s’appuyant sur les allocations.
Leur régime d’assurance retraite et maladie entre pourtant dans le régime général. Cette absence de paiement grève donc particulièrement le salaire socialisé des intermittents, interdisant par là même une construction de droits à la maladie et à la retraite pour ces personnels. Rappelons que le déficit de la Sécurité sociale (13 milliards) provient d’abord des exonérations patronales non compensées, du chômage et du travail au noir ! Bref, de l’action diverse et variée du gouvernement et du Medef !
Enfin cette augmentation des cotisations viendra grever le salaire net des intermittents sans accroître pour autant leurs heures officiellement payées. Ces millions sont autant de pouvoir d’achat en moins pour les professionnels impactés par les politiques d’austérité et les restrictions successives des budgets attribués à la culture. Rappelons que sans intermittents, il n’existe pas de spectacle ni de festival alors qu’il s’agit d’un élément essentiel du tourisme et de l’attractivité de notre économie.
Plus grave, les liquidateurs successifs ont presque réussi à faire du système mutualisé de l’intermittence un système capitalisé, où les salariés sont indemnisés non plus selon leur statut, mais selon leur revenu, avec de fortes inégalités. La réforme frappe les intermittents les plus précaires, afin d’assurer les revenus exorbitants d’une frange rapace. Réduire les disparités de revenus au sein du secteur est pourtant possible. L’essentiel consisterait à réduire l’écart entre le plancher et le plafond par un nouveau calcul de l’allocation, comme le proposent les acteurs du mouvement. Le gouvernement actuel entend bien établir un plafond au cumul entre salaire et allocations… mais à 4 380 euros brut par mois, ce qui ne touchera presque personne !
Mais si le problème pour les « réformateurs » néolibéraux est le retour régulier des intermittents vers l’Unedic, une solution simple existe : mettre fin à l’instabilité de l’emploi en proposant davantage de contrats longs et typiques dans des institutions culturelles publiques ! En réalité, cette protection exceptionnelle d’un statut de travailleur intermittent, loin d’être une charge sociale, dessine au contraire un avenir collectif dans lequel l’irrégularité du travail, si elle est choisie dans le cadre de certaines professions, pourrait être accompagnée, et prise en charge par une Sécurité sociale professionnelle universelle. Et ce, afin d’octroyer le droit à des individus de travailler tout en demeurant assurés, de manière mutualiste, de la continuité de leurs revenus. Cette lutte devrait donc plutôt nous inciter à rêver et à innover. C’est une lutte d’intérêt général.
Sandro Poli, doctorant en économie, 
Hadrien Toucel, doctorant en sociologie, 
et Michel Lamboley, syndicaliste, tous membres de la commission économie du Parti de Gauche (PG)

vendredi 27 juin 2014

Le communisme, dictature de voyous menteurs et méchants...



« Une nuit, une femme est arrêtée dans un appartement communautaire (cinq familles, vingt-sept personnes). A une voisine, qui est une amie, célibataire sans enfant, elle a le temps de crier qu'elle lui confie sa fille, et que, si elle ne revient pas, surtout on ne la mette pas dans un orphelinat. La voisine tient parole. Elle se voit attribuer une deuxième pièce, élève la petite qui l'appelle maman Ania. La mère est libérée dix-sept ans plus tard, et n'en peut plus de reconnaissance. Grâce à Gorbatchev qui ouvre les archives, elle peut consulter son dossier. Elle découvre qu'elle doit ses années de camp à une dénonciation. Qui l'a dénoncée ? Maman Ania. «Vous comprenez quelque chose ? Moi, non, dit Elena Iourevna, ex-troisième secrétaire du comité régional du Parti, à Svetlana Alexievitch venue l'interviewer. Et cette femme non plus, elle n'a pas compris. Elle est rentrée chez elle et elle s'est pendue.» Dans la Fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement,qui est le dernier volet de la fresque «les Voix de l'utopie», il y a d'autres récits où la vie continue, où ceux qui reviennent du goulag côtoient ceux qui les ont dénoncés...
«Ce n'est pas sur la liberté qu'on s'est précipités, mais sur les jeans», dit Elena Iourevna, qui aurait voulu que le putsch contre Gorbatchev réussisse. Elle pense que Svetlana Alexievitch va effacer ses propos. Mais l'auteur s'autorise un de ses rares apartés, dans l'océan de paroles qu'elle a écopé, avec son magnétophone, pendant quarante ans, depuis que le journalisme l'a menée à la littérature : «Je lui promets qu'il y aura les deux histoires. Je tiens à être une historienne au sang froid, et non une historienne brandissant un flambeau allumé. C'est l'avenir qui jugera.».
Lu un livre, publié   chez Acte Sud, mon éditeur préféré : « La fin de l’homme rouge », de Svetlana Alexevitch. L’histoire d’une grande utopie. “Le communisme avait un projet insensé : transformer l’homme «ancien», le vieil Adam. Et cela a marché… En soixante-dix ans et quelques, on a créé dans le laboratoire du marxisme-léninisme un type d’homme particulier, l’Homo sovieticus.” C’est déjà lui qu’elle avait étudié depuis son premier livre, publié en 1985, cet homme rouge condamné à disparaître avec l’implosion de l’Union soviétique qui ne fut suivie d’aucun procès de Nuremberg malgré les millions de morts du régime. L’auteur fait résonner les voix de centaines de témoins brisés. Des humiliés et des offensés, des gens bien, d’autres moins bien, des mères déportées avec leurs enfants, des staliniens impénitents malgré le Goulag, des enthousiastes de la perestroïka ahuris devant le capitalisme triomphant… Eva
La Fin de l'homme rouge ou le temps du désenchantement
Poursuivant son patient recueil de témoignages, Svetlana Alexievitch ausculte le coeur et l'âme de l'Homo sovieticus, passé brutalement du totalitarisme au nihilisme.
Voici plus de trente ans que Svetlana Alexievitch — journaliste et écrivain, ­naguère soviétique, aujourd'hui biélorusse — s'est mise à l'écoute. Sollicitant et consignant les mots, les récits des autres, tous témoins ordinaires de leur temps, pour composer ce qu'elle appelle des « romans de voix ». Singuliers et poignants tissus sonores donc, le travail de confection consiste à coudre entre elles les paroles recueillies, en préservant, outre les faits égrenés, le timbre, la respiration, les hésitations, les omissions, l'émotion contenue ou éclatante, la vitalité de chaque voix. Il y eut des voix de femmes soldats et d'enfants, se souvenant de la guerre entre l'URSS et l'Allemagne nazie (La guerre n'a pas un visage de femme, Derniers Témoins). Des voix de jeunes recrues soviétiques fracassées en Afghanistan, mêlées à celles de leur mère, de leur veuve (Les Cercueils de zinc). Les voix des témoins et victimes de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl (La Supplication). Tout ce vécu, toutes ces expériences individuelles constituant les archives confidentielles, menacées tant par l'oubli que par la négation, d'un xxe siècle dont l'historiographie officielle soviétique s'est employée à brosser un tout autre récit. Une Histoire écrite par ­Svetlana Alexievitch à hauteur d'hom­me — centrée sur le vécu, le ressenti.
Dans la préface de La guerre n'a pas un visage de femme, Svetlana Alexievitch expliquait : « Je n'écris pas sur la guerre, mais sur l'homme dans la guerre. J'écris non pas une histoire de la guerre, mais une histoire des sentiments. » De la même façon, au seuil de La Fin de l'homme rouge pourrait-il être précisé qu'il ne s'agit pas d'une histoire de l'effondrement de l'URSS et du basculement de l'ancien empire communiste dans l'âge capitaliste, mais plutôt de l'auscultation du coeur et de l'âme de ce « type d'homme particulier, l'Homo sovieticus ». Un individu passé sans transition du totalitarisme à une nouvelle forme de nihilisme. Né et élevé dans l'utopie socialiste — du moins, son avatar fatigué de l'ère Brejnev-Andropov-Tchernenko —, brutalement sommé de renoncer à ses routines, ses savoirs, son histoire et ses mythes, et enjoint à jouir de sa liberté toute neuve, essentiellement synonyme de consommation effrénée, d'inégalités sociales crian­tes, de conflits d'une violence effarante entre les peuples anciennement rassemblés derrière le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau.
Les hommes et les femmes dont Svetlana Alexievitch a recueilli les con­fes­sions racontent ici à mots con­crets leur quotidien, leurs souvenirs d'enfance ; ils confient leurs aspirations passées ou présentes, leur con­ception de la liberté ; ils disent leurs histoires d'amour, leurs deuils, les profonds malheurs et menus bonheurs dont sont faites leurs vies. En fait, deux ­générations se côtoient dans ces pages. D'abord, celle dite « des cuisines » — « C'est à son époque [les années 1960-1970, NDLR] que les gens ont quitté les appartements communautaires et ont commencé à avoir des cuisines ­privées dans lesquelles on pouvait critiquer le pouvoir, et surtout ne plus avoir peur, parce qu'on était entre soi... »

Aujourd'hui sexagénaires, ils (et elles) furent élevés dans le culte de Lénine, Staline et de l'héroïque Armée rouge, ils connurent l'enrôlement obligatoire dans les Jeunesses communistes, la crainte permanente du NKVD (police politique de l'URSS), l'ombre encore menaçante du goulag. Et en août 1991, ils étaient dans la rue pour s'opposer au putsch contre Gorbatchev et défendre une certaine idée — théorique, sublimée — de la liberté. Les voici aujourd'hui las, sidérés, anéantis, entre découragement et colère. L'un dit : « Nous avons connu les camps, nous avons couvert la terre de nos cadavres pendant la guerre, nous avons ramassé du combustible atomique à mains nues à Tchernobyl. Et maintenant nous nous ­retrouvons sur les décombres du socialisme. Comme après la guerre... »
La seconde génération, ce sont leurs enfants, âgés aujourd'hui de 20, 30 ans, grandis à l'époque post-totalitaire, mais plongés dans un chaos économique, et surtout spirituel et moral sans fond ni fin, comme sans issue. Plus souffrants encore, peut-être, que ceux qui les ont précédés, car comme privés de la faculté d'espérer ou de rêver — si ce n'est de l'exil. Face à eux, comme face à leurs aînés, Svetlana Alexievitch se tient avec attention, empathie. Cherchant, explique-t-elle, à « discerner en chacun d'eux l'être humain de toute éternité », l'élan vital et le tragique. Si leurs histoires se ressemblent et se recoupent, l'écrivain se garde de tenter d'en dresser une synthèse — c'est dans leur diversité, autant que dans leurs similitudes, que réside toute la richesse de ce grand livre d'histoire humaniste, tout ensemble infiniment douloureux et formidablement vivant. Qui souvent fait revenir à l'esprit cette réflexion notée par Nadejda Mandelstam, la femme du poète, dans ses Mémoires : « Ce n'est pas l'héroïsme mais l'endurance qui était notre unique qualité. »
Nathalie Crom
La Fin de l'homme rouge | Vremia second hand (konets krasnovo tcheloveka), traduit du russe par Sophie Benech | Ed. Actes Sud | 542 p., 24,80 €. (En librairie le 4 septembre.)
BIO EXPRESS  de Svetlana Alexievitch
1948 Naissance à Ivano-Frankovsk (Ukraine).
1967 Entrée à la faculté de journalisme de Minsk (Biélorussie).
1985 Parution de La guerre n'a pas un visage de femme et de Derniers Témoins.
1989 Parution des Cercueils de zinc.
1997 Parution de La Supplication.
Nathalie Crom - Telerama n° 3320
La biélorusse Svetlana Alexievitch a reçu, mardi 26 novembre, le prix du meilleur livre de l'année 2013, décerné par la rédaction de Lire pour La Fin de l'homme rouge.
En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-meilleur-livre-de-l-annee-pour-la-fin-de-l-homme-rouge-de-svetlanas-alexievitch_1303002.html#dIwCS2qcbg4YHbDo.99

jeudi 19 juin 2014

Notre Dame des Landes : nous allons gagner...

Toutes les infos sur les convergences de cet été

samedi 14 juin 2014, par zadist
Ça y est ! La dynamique des « Convergences » est lancée. Depuis de nombreux lieux de luttes actuelles partent des caravanes pédestres, cyclistes ou motorisées pour converger physiquement sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes.
Ces actions ont pour objectifs de sensibiliser aux désastres annoncés par les Grands Projets Inutiles Imposés, les dénoncer, mais surtout soutenir et amplifier les résistances.
Ces convergences créent du commun entre celles et ceux qui luttent, par conviction comme par nécessité, contre l’accaparement des terres, le pillage des ressources, l’arrogante mégalomanie des infrastructures techno-industrielles...
Ces projets qui tuent la paysannerie, détruisent la biodiversité et exploitent la vie au nom de la croissance économique.
Elles dénoncent ainsi UN modèle économique et social dominant, mortifère et obsolète.
Ces convergences seront accueillies sur les terres de la ferme de Bellevue du 4 au 6 juillet 2014.
Tous ensemble montrons notre détermination en faisant résonner les bâtons de Fay, Héric, Vigneux au centre de la ZAD !
Rejoignez auparavant les rassemblements régionaux de convergences NDL et les différentes caravanes et mobilisez vos réseaux en faisant circuler les informations.
Toute ces informations sont disponibles sur
- notre blog
- Facebook : Convergences NDL
Vous pouvez également écrire à convergencesnddl2014@gmail.com pour avoir les coordonnées des organisateurs de ces actions

Pour les caravanes :

1) La Caravélo par la VélOdyssée départ de Bayonne le 26 juin
26/06 juin Bayonne vers Léon 55 km , 27/06 juin Léon vers Gastes 67 km, 28/06 Gastes vers Arcachon 56 km, 29/06 Arcachon vers Lacanau 53 km, 30/06 Lacanau vers Royan 82 km, 1/07 Royan vers Tonnay 44 km, 2/07 Journée festive et militante à Tonnay, 3/07 Tonnay vers Vieillevigne 150 km, (transport motorisé des vélo et cyclistes sur 50 km env, 4/07 Vieillevigne → Le Pellerin 41 km Kontaktua : Christophe 06 31 89 60 64
2) La Caravélo départ de Toulouse
le 28 juin dans la matinée arrivée Cahors (115km) le 29 juin Cahors vers Périgueux (120 km), le 30 juin Périgueux vers Saint Amant de Bonnieure (au dessus d’Angoulême) 100 km, puis Tonnay-Charente le 1 er juillet, puis Vieillevigne le 03 juillet, et enfin Le pellerin avant NDL le 04 juillet
3) A pied de Flamanville départ le 20 juin place des irradiés
Départ le 20 juin de Flamanville pour Bricquebec (débat riverain)20 km, 21/06 Bricquebec vers Mont Doville 20 km (débat asso lutte gagnée centrale à goudron), 22/06 Mont Doville vers Périers 22 km (asso anti tht), 23/06 Périers vers Carantilly 20km (soirée violences policières), 24/06 Carantilly vers Montabot 20km (échanges sur Bures), 25/06 Montabot vers Boisivon st pois, 26/06 st Pois vers Chevreville 18 km (riverains THT), 27/06 Chevreville vers Heussé le Teilleul 21 km (débat OGM), 28/06 Heussé vers Ernée 30km (THT), 29/06 Ernée vers Vitré 30 km (jonction de convergences,), 30/06 Theil de Bretagne, 01/07 Saint Aubin les Châ- teau, 02/07 Abbareth, 03/07 Héric
4) Départ le 22 juin de Bure
arrivée le soir Montier en Der le 23 : _ Montier en Der Troyes, le 24 : Troyes _ Sens, le 25 : Sens _ Montargis, le 26 : Montargis _ Orléans, le 27 : Orléans _ Blois, le 28 : Repos, le 29 : Blois _ Tours, le 30 : Tours _ Saumur, le 1er juillet : Saumur _ Angers, le 2 : Angers Chalonnes sur Loire, le 03 : Chalonnes sur Loire _ NDL
5) A vélo de la Bretagne départ le 29 juin à Châteaulin Bretagne : canal de Nantes à Brest
départ : le 29 juin 11h de Chateaulin arrivée à Saint Thois, 30/06 St Thois vers Port Carhaix (pique-nique) puis Crehaer, 01/07 Crehaer vers Saint Aignan (pique- nique) puis Pontivy (soirée animée), 02/07 Pontivy vers Rohan (pique-nique) puis Josselin (soirée ?), 03/07 Josselin vers Malestroit ( distribution info), puis Peillac (pique-nique) puis Redon, (soirée festive), 04/07 Redon vers Fay de Bretagne (accueil des caravanes par Convergences et pique-nique du midi)
6) A pied de Dinan (avec assistance d’une ânesse) le 23 juin
Marc part le 23 juin de la Vicomté/rance vers NDL avec Adèle son ânesse. Son parcours : la vicomté/rance vers Evran par le canal d’Ille et rance, puis le GR 37 vers Plouasne jusqu’à Plelan le Grand en passant par Montauban de Bretagne et Iffendic (forêt de Brocéliandre), Petits chemins de Plélan vers la Gacilly puis il rattrape le canal de Nantes à Brest jusqu’à Blain. En empruntant les petits chemins ensuite, il sera au rendez vous à Fay de Bretagne le 04 avec les autres convergences. Vous souhaitez l’accompagner sur un bout de chemin ? ou lui offrir le gîte et couvert ? Contactez le au 02 96 27 12 54
7) Départ de Lille le 28 juin à 9 h à la porte de Paris
Arrivée à Divion (lutte contre l’exploitation des gaz de couche), place des frères viseurs. Etape : 50 km. (via La Bassée), Buvette, restauration, jeux, information sur les luttes, Des hébergements sont possibles (tentes...), Départ le dimanche 29 juin à 9 h, à la Croix de Grés à Divion, Arrivée à Drucat (via Anvin, Hesdin) 71 km, Marche vers la ferme des mille vaches, accueil des cyclistes à la salle polyvalente l’après midi. Restauration, hébergement, informations sur les luttes, divertisse- ments, Départ le lundi 30 juin à 9h de la salle polyvalente de Drucat, Arrivée à la ferme des bouillons à Mont St Aignan, avec une pause à Londinière : deux étapes de 50 km en alternance pour les cyclistes, Petite soirée avec les militants de cette lutte ; hébergement, Départ le mardi 1erjuin au matin, Transport des vélos et des cyclistes en voitures et camion jusqu’à Alençon puis Châteaubriant, Trajet en vélo : Châteaubriant jusqu’à Abbaretz où la caravane de Lille rejoint les marcheurs de Flamanville, Le jeudi 3 juillet, départ vers Héric-Le Lintin
8) Caravane motorisée au départ de Bayonne le 30 juin
Pour rejoindre cette caravane, contactez : pb.nddl@gmail.com et convergencesnddl2014@gmail.com, Présence des organisateurs le 29 juin de 10h à 17h à Mendionde : Stand au festival EHZ , - Lundi 30 juin au matin : départ de Mendionde (passage par Bayonne 30min après) en direction de la Gironde arrivée le soir.à Bordeaux, - Mardi 1 er juillet départ direction Tonnay- Charente pour hébergement le soir site de Au Cirque du Gamin, 7 rue du Marais, Champservé le haut, I743O TONNAY-CHARENTE repas le soir et hébergement- Mercredi 02 juillet : participations aux animations prévues à Rochefort (site incinérateur entre autre), soirée festive. -Jeudi 03 juillet départ vers Vieillevigne (hébergement) en passant par La Rochelle, - Vendredi 04 juillet départ de Vieillevigne direction Le Pellerin
9) Caravane méridionale en vélo le15 juin au matin :
départ de Montbrun-les-Bains dans la Drôme lundi 16 juin au soir : arrivée à Avignon. Intervention au festival conspiration positive, sur le campus universitaire, de 17 à 18h et de 20 à 22h. mardi 17 juin au soir : arrivée à Nîmes. Projection & échanges à 20h au "Spot", 8 rue Enclos Rey, contact local : collectifnddl.nimes@free.fr, mercredi 18 juin au soir : arri- vée à Montpellier (en cours de préparation, contact local : ndll34-group@alternative34.listes.vox.coop ), PAUSE aux alentours d’Aniane vers le 20 juin, di- manche 22 juin au soir : arrivée à Bédarieux. Projection & échanges, mardi 24 juin au soir : arrivée à Mazamet. Projection & échanges au "pot étique", 34 rue St Jacques. passage à Villefranche-de-Lauragais le jeudi 26 juin au soir, arrivée à Toulouse le vendredi 27 juin au soir, départ avec la caravane de Tou- louse le samedi 28 juin vers NDdL
10) Départ Bure le 30 juin vers Sardy les Epiry caravane motorisée
1/07 Sardy les Epiry (départ avec les membres de Adret Morvan), 2/07 Bourges, 3/03 Villevigne après passage à Chinon
11) Départ Cadarache le 28 juin direction Avignon puis Lyon, caravane motorisée
12) Départ le 30 de Dijon direction Sardy les Epiry caravane motorisée
1/07 Sardy les Epiry (départ avec les membres de Adret Morvan), 2/07 Bourges, 3/03 Villevigne après passage à Chinon
13) Relais depuis le plateau des Glières 31 mai
7 juin Annecy, 9 juin Chambéry, 29 juin Mornant près de Lyon, 30 juin Clermont Ferrand, 1 juillet et 2 juillet Bourges
14) à confirmer départ de Dole et de Dijon le 30 juin
1/07 Sardy les Epiry (départ avec les membres de Adret Morvan), 2/07 Bourges, 3/03 Villevigne après passage à Chinon
15) le 28 juin à vélo puis motorisée départ de Perrefite sur le tracé «  Traversée Centrale des Pyrénées ». ( Tunnel sous le Vignemale)
Perrefitte , 29/06 Lourdes, 30/06 Bernos Beaulac, 01/07 Tonnay en charente
16) Depuis Bourges caravane motorisée le 3 juillet vers Loches Chinon Thouars Saint Pierre des Echanbronesprès de Cholet, Villevigne
17) Depuis le Larzac le 27 juin vers Aurillac 28/06 Aurillac, 29/06 Plateau des 1000 vaches, 30/06 Limoges puis Saint Armant de Bonnieure, 1 et 2 juillet Champservé le haut près de Rochefort
18) Depuis Rochefort le 3 juillet en direction de Villevigne Via le pont du Brault (marais poitevin) et Thorigny en Vendée près de la Roche sur Yon
19) Depuis Villevigne le 4 juillet vers Notre Dame des Landes Par le bac du Pellerin puis Couëron Vigneux pour pique-nique à 12h30 à la Joue, 15h30 départ vers les Ardillières puis 17h00 vers les terres de Bellevue
20) Depuis Redon le 4 juillet vers Notre Dame des Landes Arrivée à Fay pour pique-nique à 12h30 parking des étangs rue de la Madeleine, 15h30 départ vers les Ardillières puis 17h00 vers les terres de Bellevue
21) Depuis le Lintin à Héric le 4 juillet après pique-nique 12h30 15h30 départ vers les Ardillières puis 17h00 vers les terres de Bellevue