Municipales : l’extrême gauche à la peine s' allie avec L' ennemi historique : le PCF.
Philippe Poutou, désormais porte-parole du NPA, ici en juillet 2013 à l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).
Au premier tour, le 23 mars, le NPA, qui a 80 conseillers municipaux sortants, part soit en autonomie, soit en union avec d'autres forces politiques de gauche. Dans les arrondissements populaires de Paris, à Lille ou Saint-Denis, le parti trotskiste a réussi à constituer des listes essentiellement issues de ses troupes. A Bordeaux, c'est l'ancien candidat à la présidentielle Philippe Poutou qui mène campagne. A Perpignan, Metz ou Angoulême, le NPA a rallié le PCF ou le Parti de gauche. A Poitiers, comme dans quelques autres villes, il fait équipe avec EELV.
Ces difficultés ne sont pas surprenantes pour un parti en crise depuis plusieurs années. Le NPA ne compte plus qu'entre 2 500 et 3 000 adhérents et a perdu, en 2012, son financement électoral, soit 900 000 euros annuels acquis en 2007. De l'argent, assurait à l'époque la direction, qui ne servait pas au fonctionnement du parti mais qui était réservé au financement des campagnes électorales. Résultat : le NPA a lancé à l'été 2013 une souscription avec l'objectif de récolter un million d'euros. Six mois plus tard, le parti assure avoir obtenu 360 000 euros. Une faible somme qui pourrait compromettre ses chances d'être présent partout aux européennes.
"Une campagne pour planter le drapeau"
Elue municipale de la ville, Nathalie Arthaud a voté le 6 mai à Vaulx-en-Velin. Photo Emmanuel Foudrot
Le parti de Mme Arthaud sera présent dans 178 communes dont une majorité de villes de plus de 100 000 habitants. En 2008, le parti d'Arlette Laguiller avait monté 118 listes et présenté des candidats sur 70 listes d'union. Selon sa porte-parole, 2014 est un meilleur cru que 2008 en nombre de candidats : 8 300 contre 5 000 — une performance quand on sait que le parti revendique 8 000 encartés.
LO, qui compte 79 conseillers municipaux sortants, souhaite permettre à « tous ceux qui sont écœurés par la politique de François Hollande de le dire et de montrer qu'il y a une opposition ouvrière dans ce pays ». L'objectif ? « Faire entendre la colère des travailleurs, explique Mme Arthaud. Ce gouvernement est un ennemi des travailleurs et il faut le combattre avec autant de force que s'il s'agissait d'un gouvernement de droite. »
La porte-parole de LO est claire : « Notre objectif n'est pas d'avoir des élus – auquel cas mieux vaut faire des listes d'union. Mais quand on a la parole, il faut la prendre et lever ce drapeau pour faire entendre la voix des travailleurs. » Pour Mme Arthaud, les municipales et les européennes ne forment qu'une « seule et même campagne » et sont l'occasion de promouvoir les revendications de son parti : interdiction des licenciements, échelle mobile des salaires et levée du secret des affaires. Petit problème, il n' y a plus de travailleurs. Et la dictature du Prolétariat ne fait plus bander personne.
Eva pour les IndignéEs du Diois
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