La première partie est composée de permanents et d’élus. Elle est toute puissante et décide de tout. Elle choisit évidemment de transformer le PCF en supplétif du PS. C’est non seulement indigne mais cela en fait aussi le complice de la politique d’austérité menée par la bourgeoisie qui se sert du PS comme elle se servait de l’UMP. Le PCF n’a donc plus rien à dire. Il n’a pas besoin d’élaborer une réflexion critique sur la société. Il s’accroche à la locomotive du PS et se laisse tracter paresseusement. Dans notre cas, le PCF de la Somme atteint le dernier degré de la décomposition. Son équipe dirigeante se limite dorénavant à 4 personnes :
La deuxième partie est composée de militants. Elle s’amenuise toujours plus car les adhérents fuient ou le peu qui reste abdique tout esprit critique. On entend ainsi de lâches arguments du genre : « Le PCF à Amiens, oh non, je ne veux pas m’en mêler... » Le petit groupe dirigeant a ainsi beau jeu de maintenir son petit pouvoir. Il fait également tout pour qu’il y ait le moins d’adhérents possible puisqu’ils pourraient poser des questions gênantes ou vouloir participer au processus de décision. Comme j’anime avec d’autres un groupe dynamique de militants et d’anciens adhérents groupe qui a tout de même réussi, avec le seul appui du PG de la Somme, à faire près de 9 % aux élections municipales, il a bien fallu m’exclure car le petit groupe dirigeant avait évidemment choisi de faire liste commune avec le PS dès le premier tour. Soit on obéit, soit on est viré !
J’ai fait appel à la direction nationale du PCF. Rien. Aucune réponse à mes courriers. La commission nationale des conflits est indifférente. On refuse ma cotisation. Le conseiller régionale Olivier Chapuis-Roux du MUP est toujours au PCF malgré le fait qu’il a figuré sur la liste du PS aux élections régionales de 2010 alors que le front de gauche avait constitué une liste autonome en Picardie. La règle n’est pas la même pour moi. Je finirai en citant deux passages d’Antonio Gramsci qui a dirigé le parti communiste italien à ses débuts. Ces deux passages montrent de manière générale et théorique le processus de décomposition qui est à l’oeuvre aujourd’hui au sein du PCF. Si aucun membre de la direction nationale ne vient à Amiens pour tenter de faire respecter au minimum la démocratie interne c’est que cette situation ne les choque pas et qu’elle existe donc dans les autres départements.
Quand le parti est progressiste, il fonctionne « démocratiquement » (au sens d’un centralisme démocratique), quand le parti est régressif, il fonctionne « bureaucratiquement » (au sens d’un centralisme bureaucratique). Dans ce dernier cas le parti est un simple exécutant, non délibérant : il est alors techniquement un organe policier, et son nom de parti politique est une pure métaphore de caractère mythologique. Antonio Gramsci, cahier 14 : Mélanges, 1932-1934, la fabrique éditions 2011.
La capacité du parti à réagir contre l’esprit de routine, contre les tendances à se momifier et à devenir anachronique. Les partis naissent et se constituent pour diriger la situation dans des moments historiquement vitaux pour leurs classes ; mais ils ne savent pas toujours s’adapter aux tâches nouvelles, ils ne savent pas toujours se développer parallèlement au développement des rapports globaux de force (et donc à la position relative de leurs classes) dans le pays concerné ou dans le domaine international. Quand on analyse ces développements des partis, il faut distinguer : le groupe social ; la masse du parti ; la bureaucratie et l’état-major du parti. La bureaucratie est la force routinière et conservatrice la plus dangereuse ; si elle finit par constituer un corps solidaire, qui existe pour lui-même et se sent indépendant de la masse, le parti finit par devenir anachronique et, dans les moments de crise aiguë, il se vide de son contenu social et demeure comme perché dans les nuages. Antonio Gramsci, cahier 13, petites notes sr la politique de Machiavel, 1932-1934, la fabrique éditions 2011.de :
CED
dimanche 4 mai 2014 -

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